François Meunier edit

Dirigeant d'Alsis Conseil, professeur associé de finance à l'ENSAE ParisTech Écrivez à François Meunier
  • 4 janvier 2017

    Uber et la chute du prix des licences de taxi

    L’arrivée de Uber, LeCab et autres plateformes VTC de réservation a un fort impact sur le marché des licences de taxis. Le graphique qui suit en donne une idée : le prix moyen de la « plaque », selon le site de la Compagnie des taxis, s’élevait à 230 000 € en 2013 et n’est plus que de 125 000 € en cette fin 2016, soit une baisse de près de moitié (45%). Peut-on convertir cela en profitabilité des taxis parisiens?

  • 21 octobre 2016

    iTunes, iPhone et… iTax

    Apple s’intéresse aux véhicules autonomes et multiplie les initiatives dans ce domaine, la plus récente étant la prise de participation dans McLaren, le constructeur de voitures de course. Mais elle dispose déjà, et de longue date, du meilleur véhicule qui soit, qu’on suggère ici d’appeler l’iCar. Il n’a pas de roue, car il s’agit d’un véhicule… fiscal. À défaut, il permet à Apple d’optimiser au mieux sa charge d’impôt sur les bénéfices hors des États-Unis. iCar ou iTax, au choix pour le nom, mais par iTax, entendez « low tax ».

  • 13 octobre 2016

    Encadrement des loyers: méfiance !

    Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, s’est réjouie lors de sa conférence de presse du 26 juillet 2016 de l’efficacité des récentes mesures de freinage des loyers. En effet, pour 30% des locataires qui ont emménagé depuis le 1er août 2015, le loyer a baissé. La hausse des loyers pour les non-meublés est de 0,5%, son taux le plus bas depuis 2001. Faut-il s’en féliciter?

  • 21 septembre 2016

    L’intégration financière européenne, un enjeu décisif

    Il est nécessaire que l’épargne privée de chaque pays de la zone euro soit moins investie dans son espace national, et pour cela que les marchés financiers nationaux soient moins auto-centrés. Pourquoi? et pourquoi, dans la zone euro, les avantages de l’ouverture financière l’emportent-ils très largement sur les inconvénients?

  • 11 juillet 2016

    La prospérité boursière des armes d’assaut

    Il est à peine plus dur aux États-Unis d’acheter un fusil d’assaut qu’un hamburger. Par exemple, le M&P-15 de Smith & Wesson ou le AR-15 de Colt. Ces succès commerciaux ne manquent pas de valoriser boursièrement les Masters of War. Mais si les massacres rythment les ventes d’armes, il faut une autre explication à leur tendance toujours croissante et au succès boursier de leurs producteurs.

  • 24 juin 2016

    Travailler plus pour gagner autant

    La durée du travail connaît une décrue séculaire, sauf notoirement dans un grand pays, les États-Unis. Cette tribune, inspirée du travail de deux économistes suédois, Timo Boppart et  Per Krusell, et qu’on peut retrouver sur le site ami Vox-EU du 21 mai 2016, soutient que cela résulte de la stagnation des salaires réels que connait le gros des salariés américains sur la période. Dans ce pays, si on veut seulement maintenir son pouvoir d’achat, il faut travailler plus. Est-ce en train d’arriver en Europe ?

  • 31 mai 2016

    Secteur abrité, secteur exposé: une distinction économique dangereuse!

    Notre culture économique de base, celle qui alimente le corps politique, a fait sienne la distinction entre un secteur industriel exposé à la concurrence internationale et un secteur qui en serait abrité. Cette vision dualiste et mercantiliste de l’activité industrielle d’un pays n’est en fait qu’un sophisme désormais bien identifié, mais qui reste dangereux parce que nos politiques publiques continuent à s’en inspirer.

  • 17 mai 2016

    L’Oréal et la concurrence par la publicité

    Pourquoi une société comme L'Oréal consacre-t-elle 10 fois plus à la publicité qu'à la recherche? La réponse relève de la concurrence stratégique, extrêmement dure dans le secteur du soin à la personne. Cette course aux armements publicitaires a un coût, payé par les consommateurs. Les économistes commencent à s'intéresser à ces cas où plus la concurrence est intense, plus les prix augmentent.

  • 20 avril 2016

    Accords d’entreprise plutôt que de branche: une réforme de gauche

    Décider des choses importantes à un niveau lointain atrophie le rôle du représentant syndical local. L’équilibre qui en résulte ne joue pas forcément en faveur de la vitalité syndicale et des salariés.

  • 10 mars 2016

    Cacher, halal et le marketing de l’autorité supérieure

    Dans le monde désenchanté où nous vivons, à quel saint se vouer? Pour les consommateurs trop sollicités et pourtant égarés que nous sommes, à quel produit se fier? Voici la question lancinante que remâchent tant et plus les consultants et profs de marketing. Pourtant, dès 1972, la réponse avait été trouvée.

  • 29 janvier 2016

    Emmanuel Macron et les 35 heures

    Emmanuel Macron, qui va toujours plus avant, s'est prononcé à Davos sur la question des 35 heures. Sous réserve d’un accord majoritaire des partenaires sociaux dans l’entreprise, dit-il, le taux de majoration au-delà des 35 heures, aujourd'hui de 25% selon la loi, peut fort bien descendre, et même en-deçà des 10% si les partenaires l’acceptent. En bref, presque la fin des 35 heures, ce que revendique d’ailleurs le ministre de l’Économie. Cela mérite discussion.

  • 18 janvier 2016

    La malédiction de l’accès libre

    En ces temps de COP21 et de transition énergétique, il est utile de regarder plus attentivement l’économie des ressources renouvelables. La pêche industrielle en offre un bon exemple, dont les applications sont bien plus générales.

  • 11 décembre 2015

    Trop de pétrole… ou pas assez? Une lecture de Jean-Marc Jancovici

    Le ralentissement de la croissance est inévitable et uniquement lié à la pénurie d’énergie fossile, explique Jean-Marc Jancovici. C’est discutable. Y a-t-il un lien aussi étroitement mécanique que le dit l’auteur entre le PIB et les ressources énergétiques, a fortiori les ressources fossiles ?

  • 23 novembre 2015

    Le commun, une nouvelle forme d’organisation économique?

    Apèrs le Nobel d’économie décerné à Elinor Ostrom, le temps est venu de s’intéresser aux communs. Il faut donc saluer l’important travail des contributeurs réunis par Benjamin Coriat dans Le Retour des communs (LLL, 2015).

  • 10 septembre 2015

    Capitulation de la Grèce face à l’Europe: le précédent du Japon

    L’épée dans les reins, les autorités grecques ont accepté les conditions draconiennes imposées par l’Union européenne pour le déclenchement d’un troisième plan de secours à leur économie. Ce plan provoque un large scepticisme, en particulier pour l’argument politique qui retient notre attention ici : les mesures imposées sous diktat sont un déni de démocratie et ne permettent jamais leur « appropriation » par la population.  Selon l’argument, le plan est voué à l’échec. Un regard historique permet de soutenir l’inverse, en prenant l’exemple du Japon de 1946: une grande défaite, comme celle d’ordre économique qu’ont subi les Grecs face au reste de l’Europe, peut très bien être suivie d’un fort rebond, et ceci malgré l’humiliation subie par la population.

  • 2 juillet 2015

    La Grèce et la malédiction des pays aidés

    Depuis qu’elle est membre de l’Union européenne, la Grèce a bénéficié de transferts assez massifs, avoisinant les 4 à 5% de son PIB chaque année, via les fonds structurels ou la politique agricole commune. Son inclusion dans la zone euro, par les taux d'intérêt très bas qu’elle a permis au moins jusqu'à la crise de 2008, a occasionné un autre transfert, implicite celui-ci, de plus de la moitié du précédent. On lit partout que la Grèce n’a pas su profiter de ces transferts pour s’adapter, c'est-à-dire développer une base productive solide lui assurant un développement autonome. Et on agonit ses élites pour leur irresponsabilité. Avec ce schéma en tête, les pays partenaires ne peuvent que douter de la capacité du gouvernement grec d’irriguer correctement vers le pays toute libéralité qui leur serait fait

  • 9 juin 2015

    Mariage des prêtres: et si on demandait l’avis des économistes?

    Un débat semble s’engager au sein de la hiérarchie catholique : faut-il revenir sur la règle du célibat des prêtres imposée par le concile de Latran en l’an 1139 ? Certains scandales récents et la baisse des vocations obligent à cette réflexion. Un recours à l’économie indique toutefois qu’il s’agit d’une réforme délicate à conduire et qu’elle aurait des conséquences importantes sur le mode d’organisation de l’Église.

  • 30 mars 2015

    Pourquoi subventionner la participation des salariés au profit?

    La France est de loin le pays qui accorde les aides fiscales et parafiscales les plus importantes aux mécanismes de partage du profit. L’opinion publique a une vision plutôt positive de ces mécanismes. Mais devant les sommes mobilisées, on doit s’interroger: y a-t-il vraiment un avantage pour tous les acteurs? Et si oui, pourquoi le jeu des négociations ne suffit-il pas à mettre en place ces mécanismes?

  • 7 octobre 2013

    Et pourquoi ne pas breveter les recettes de cuisine?

    Si l’on demande aux gens avertis s’il est normal de protéger l’inventeur ou le créateur artistique par des brevets ou des droits d’auteur, il est répondu oui de façon écrasante. Quand le coût de l’innovation est élevée et son coût de reproduction bas, quoi de mieux qu’un brevet ? Qui voudrait prendre la peine d’innover si dès le lendemain l’effort se retrouve chez un concurrent ? Et pourtant, cela fait partie de ces fausses évidences qu’il est utile de questionner.

  • 28 novembre 2012

    L’étrange fiscalité de l’intéressement

    Durant l’été 2012, le gouvernement a fait voter une hausse de 8 à 20% du « forfait social », cette taxe pesant sur tous les éléments de la rémunération du salarié qui échappent aux cotisations sociales, dont essentiellement la participation et l’intéressement (ci-après la « participation »). Ce n’est, en accéléré, que la poursuite d’une montée continue depuis 2009 : le « forfait » a été mis en place cette année-là au taux de 2%, puis augmenté de deux points chaque année, jusqu'au récent bond à 20%. C’est un mouvement majeur dans sa philosophie fiscale. Comme tel, il mérite un vrai débat national et non ce grignotage subreptice et peu démocratique. L’Etat doit-il encore largement subventionner les formules de participation salariale ? La réponse doit être donnée clairement : c’est non !