Jean-Louis Bourlanges edit

Professeur associé à Sciences Po Écrivez à Jean-Louis Bourlanges
  • 21 mars 2017

    T-Dem: l’urgence démocratique européenne selon le PS

    Benoît Hamon a fait les choses avec méthode. Pour refermer la parenthèse malvenue du pacte budgétaire européen (TSCG), fruit d’un inter-gouvernementalisme austéritaire et mortifère et d’une trahison fondatrice de François Hollande, il propose un nouveau traité clés en main, avec la démocratie au cœur, pour relancer l’Europe.

  • 23 février 2017

    Macron entre ciel et terre

    Emmanuel Macron est confronté à un exercice complexe car sa candidature est placée sous le signe d'une démarche anti-système propre à attirer les millions de Français qui ne se reconnaissent ni dans les hommes, ni dans les idées, ni dans les codes et procédures des partis traditionnels, et en même temps sous celui du retour à une formule politique qui, pour être étrangère à nos usages depuis 1962, n'en est pas moins solidement inscrite dans la tradition républicaine : la conjonction des centres ou, comme on disait avant 1958, la « concentration républicaine ».

  • 9 février 2017

    Le spectre d’un Brexit sauvage

    L’embarras des négociateurs britanniques tient au fait qu’avant d’être un acte d’hostilité des citoyens envers l’Union européenne, le Brexit est l’expression d’un désaveu aussi brutal qu’injustifié du subtil équilibre entre participation et souverainisme, tricoté depuis le début des années 1970 par une administration soucieuse de fonder la relation de Londres avec l’UE sur le maximum d’influence et le minimum de dépendance.

  • 23 janvier 2017

    Theresa May a décidé de prendre sa perte

    Pourquoi donc répète-t-on ad nauseam que Theresa May a fait le choix d’un « hard Brexit » et arrêté une véritable stratégie de confrontation avec les vingt-sept de l’Union européenne ? Sauf à ignorer la décision du peuple britannique et trahir son propre mandat, Mme May n’avait guère les moyens politiques mais surtout juridiques de faire un autre choix que celui d’un Brexit clair, c’est-à-dire assumé et non contourné. Et un Brexit clair n’est pas nécessairement synonyme de Brexit dur.

  • 7 décembre 2016

    La revanche du système?

    La Cinquième République est-elle de retour? La restauration du système établi entre 1958 et 1962 par le général de Gaulle est certes loin d’être achevée mais les bonnes vieilles logiques de la droite en majesté se sont brillamment imposées au sein de l’opposition à la faveur de la primaire des 20 et 27 novembre. Malgré ses atouts, la gauche est, en revanche, encore fort loin du port et se débat au milieu de contradictions qu’elle ne parvient guère à maîtriser.

  • 20 septembre 2016

    Huit candidats

    Vous souvenez-vous de « Huit femmes », le film de François Ozon ? Changez sept des huit femmes en hommes et tous les éléments de cette comédie désenchantée se retrouvent dans le pas de danse quasi unisexe que nous propose, cet automne, un système politique en plein désarroi.

  • 9 septembre 2016

    Du référendum: Telos contre Telos

    Montesquieu l’a dit et les amis de Telos, Elie Cohen, Bernard Manin et Gérard Grunberg, l’ont répété : le système représentatif n’est pas le plus mauvais qui soit car en donnant au peuple, non le pouvoir de décider mais celui de choisir ceux qui décident, il confie les responsabilités à des « représentants » dont l’avantage est d’être « capables de discuter les affaires ». À l’opposé, le plus « suisse », par la sensibilité, de notre petite compagnie, Charles Wyplosz, dénonce en termes rousseauistes la tentation oligarchique de ceux qu’inquiète l’idée de reconnaître aux citoyens le droit de se mêler de leurs propres affaires. Vaste querelle.

  • 6 juillet 2016

    La fable du Brexit

    Le Brexit nous a inspiré une fable de la crise européenne dont, avec une quasi-unanimité, politiques, commentateurs, médiateurs et citoyens ont choisi de se bercer. Cette fable repose sur quatre contre-vérités répétées ad nauseam sur la base desquelles il ne sera pas facile de bâtir une stratégie européenne cohérente.

  • 26 avril 2016

    Marcel Gauchet: sous le malheur, le complot!

    Il y a dans l’ouvrage que Marcel Gauchet vient de consacrer au « malheur français » quelque chose qui dérange. Non pas seulement parce que ce livre bavard et touche-à-tout embrasse trop de sujets pour en traiter sérieusement aucun, mais parce qu’il est construit sur un glissement permanent entre le constat justifié des bouleversements multiformes et perturbateurs de notre situation historique et la dénonciation véhémente des artisans du malheur qui nous frappe.

  • 29 mars 2016

    L’Europe au miroir de Schengen

    La crise migratoire à laquelle nous sommes confrontés est un rude défi lancé à l’Europe, à ses États et à ses peuples. Face à ce défi, l’Union, bavarde, impuissante et divisée, est désormais presque totalement aboulique. Le miroir que nous tend la crise actuelle nous renvoie une image de nous-mêmes pour le moins préoccupante, celle d’une Europe minée en profondeur par l’insignifiance de ses moyens, la dénaturation de ses comportements et l’ampleur du dissensus qui la travaille.

  • 2 décembre 2015

    À la veille des régionales

    Après bien des déclarations, tergiversations et hésitations, les trois partis de gouvernement, PS, Républicains et UDI sont désormais dans l’impasse. Il est clair que sans une réorientation stratégique majeure de leur part, le Front national est en mesure de l’emporter dans plusieurs régions le 13 décembre prochain dans l’hypothèse de configurations de candidatures triangulaires au second tour de scrutin. Dans la période grave, dangereuse et pleine d’incertitudes que nous traversons, l’enjeu de ces élections n’est pas seulement celui du contrôle de quelques régions, encore que ce dernier ne soit pas mince. Même s’il est de bon ton de le nier, c’est, à plus long terme, le maintien de la paix civile et des libertés fondamentales qui sont en cause.

  • 9 novembre 2015

    Réformer la loi électorale - 4 - Ce que nous proposons

    La réflexion menée dans les trois articles précédents nous amène à orienter nos propositions dans quatre directions précises : le choix d’un scrutin de listes, un scrutin à deux tours, des circonscriptions à dominante bi-départementale, et une clé de répartition modulable entre le majoritaire et la proportionnelle.

  • 6 novembre 2015

    Réformer la loi électorale - 3 - Les solutions à écarter

    Sur la base des considérations contenues dans nos deux articles précédents, la réforme du mode de scrutin devrait viser simultanément trois objectifs distincts : assurer une représentation significative des grandes forces politiques du pays ; renforcer l’autonomie idéologique et stratégique des partis appartenant à une même coalition ; veiller à conserver un important avantage en sièges à la coalition arrivée en tête afin qu’elle dispose d’une majorité certes limitée mais claire de gouvernement. Ces objectifs sont potentiellement contradictoires et supposent donc un réglage délicat. Avant d’avancer nos propres propositions, nous voulons d’abord évoquer ici les solutions qu’il nous semble judicieux d’écarter.

  • 5 novembre 2015

    Réformer la loi électorale - 2 - Les contraintes du système

    Les arbitrages fondamentaux qui s’imposent aux candidats à la réforme du régime électoral législatif sont conditionnés en France par le rapport qu’il leur faut établir avec les deux spécificités majeures de notre système institutionnel et politique. Notre vie publique est tout à la fois dominée par une ambition, celle de voir les électeurs imposer aux élus le choix du chef réel de l’exécutif et dessiner les contours de la majorité parlementaire, et soumise à une sujétion, la prééminence d’un président, chef effectif du gouvernement. Le respect de cette ambition et l’acceptation de cette sujétion imposent à la réforme un chemin critique relativement étroit.

  • 4 novembre 2015

    Réformer la loi électorale - 1 - Les raisons d’une réforme

    Réformer un mode de scrutin législatif exige de reconnaître et de prendre en compte les deux fonctions distinctes inhérentes à tout régime électoral : la représentation du corps électoral et la sélection des dirigeants parlementaires et gouvernementaux en charge des affaires pour une période donnée. Ces deux fonctions sont non seulement distinctes mais à certains égards contradictoires.

  • 19 octobre 2015

    Notes sur le rapport Bartolone-Winock - 3 - L’escamotage des enjeux

    Si le comité BW avait choisi d’exploiter effectivement ses considérations sur l’avènement d’un « monde nouveau », il aurait sans nul doute placé au cœur de sa réflexion l’incidence institutionnelle de deux des transformations majeures qu’il a pris soin de relever : la transnationalisation croissante des enjeux publics, qui interroge la pertinence du seul cadre national pour l’exercice de la souveraineté, et l’effondrement de l’autorité politique des mandataires d'un peuple de citoyens si constamment en colère qu’on parvient mal à comprendre qu’il élise lui-même des représentants aussi méprisés.

  • 16 octobre 2015

    Notes sur le rapport Bartolone-Winock - 2 - Un diagnostic en trompe-l’œil

    Les auteurs du rapport se récrieront sans doute à l’idée d’avoir pratiqué à l’occasion de cette réflexion collective une navigation sans boussole. Le président Bartolone n’a-t-il pas dans son avant-propos stigmatisé en termes forts le mal unique – « l’insuffisance de démocratie » – dont souffrirait la République française, et n’a-t-il pas présenté les dix-sept propositions du rapport comme la déclinaison logique de ce paradigme ordonnateur ? La fermeté romaine du diagnostic formulé par le président de l’Assemblée nationale ne suffit toutefois pas à donner au rapport la cohérence intellectuelle qu’on est en droit d’attendre d’un tel exercice. Le diagnostic qui porte ces 128 pages et justifie ces dix-sept propositions est doublement confus.

  • 15 octobre 2015

    Notes sur le rapport Bartolone-Winock - 1 - Un tir de fantasia

    « Refaire la démocratie ». C’est sous ce titre ambitieux que le comité constitué, à l’initiative du président de l’Assemblée nationale, de parlementaires (dix députés et un sénateur) et de personnalités indépendantes a publié son rapport sur la rénovation de nos institutions. Etabli sous la co-présidence de M. Bartolone et de l’historien Michel Winock, ce document a retenu toute l’attention de Telos qui présente, au fil de trois publications successives, l’analyse critique qu’il a inspirée à Jean-Louis Bourlanges, ancien membre du comité Balladur qui prépara la révision constitutionnelle de 2008.

  • 11 juin 2015

    Le «No Way» de David Cameron

    Faute d’avoir un réel intérêt à bouleverser l’ordre établi, David Cameron, s’il veut agir en serviteur loyal des intérêts britanniques, est condamné à renverser la vapeur et à changer au plus vite de discours. Incapable d’avoir ce qu’il aimerait, et ne parvenant pas même à s’en faire une idée claire, le Premier ministre britannique doit au plus vite apprendre, et faire apprendre à ces concitoyens, à aimer ce qu’il a.

  • 27 avril 2015

    Les trois âges de l’impuissance européenne

    L’Europe est sortie de l’Histoire quelque part entre 1939 et 1945. Depuis lors, elle n’en n’a jamais retrouvé le chemin. Son impuissance internationale, diplomatique ou militaire, est bien le fil rouge de son destin au cours de son passé récent.