Yves Tiberghien edit

Professeur associé de sciences politiques à l'université de Colombie-Britannique (Canada), chercheur associé au Centre européen de Science Po et au Asia Centre (Paris) Écrivez à Yves Tiberghien
  • 10 février 2015

    Gouvernance mondiale: l’axe sino-américain au centre du jeu

    Qui a la capacité de mener les ajustements nécessaires dans les institutions internationales qui soutiennent l’économie mondiale? Le retour apparent de confrontations géopolitiques est-il une menace pour la gouvernance mondiale ? On peut s’en faire une idée en revenant sur les sommets de l’APEC et du G20 en novembre, qui ont vu des progrès dans les domaines du commerce, de la finance et du climat.

  • 13 juin 2013

    Naissance du G2

    Le sommet sino-américain de Sunnylands des 7 et 8 juin peut être considéré comme un sommet de première importance. Il consacre de manière presque formelle la naissance du G2. La coopération reste certes fragile et à la merci de multiples risques. Mais le travail accompli est conséquent et l’Europe et le Japon feraient bien d’en prendre la mesure s’ils veulent éviter de rester sur la touche.

  • 23 juillet 2012

    La Chine après l’affaire Bo Xilai

    Le régime chinois peut-il faire face aux tensions qui se multiplient? Est-il encore en mesure de conserver son mandat hérité en 1949 des ruines de l’ancienne Chine et renouvelé pendant les réformes de Deng Xiaoping? A-t-il les moyens de gouverner une société et une économie plus modernes, sophistiquées et interconnectées avec le reste du monde? Y a-t-il encore de la place pour un régime autocratique dans la future première économie du monde et au sein d’une mondialisation accélérée?

  • 22 juin 2012

    G20 : peut mieux faire !

    On s’attendait au pire avec le G20 de Los Cabos. Ce ne fut pas le cas. Mais cette édition ne laissera pas de souvenir impérissable.

  • 13 juin 2012

    Contenir la Chine : le mauvais calcul d’Obama

    Depuis novembre dernier, le TPP (Partenariat Trans-Pacifique) fait parler de lui. Cet accord, promu par les États-Unis pour réorienter le commerce en Asie-Pacifique, est vu par certains comme un ferment porteur de grandes innovations dans la gestion du commerce mondial. D’autres, plus inquiets, y voient l’instrument d’une confrontation géopolitique inquiétante entre Chine et États-Unis en pleine campagne électorale américaine, avec comme risque un émiettement accru du système commercial mondial. Qui a raison ?

  • 26 novembre 2011

    Strategic Games around Free Trade Agreements in the Asia-Pacific

    Barely a week after the G20 in Cannes, ten of the 20 leaders reconvened half way across the world in Honolulu as part of the annual summit of the Asia-Pacific Economic Cooperation forum (APEC), together with other Pacific Rim leaders. APEC summits are usually quiet and polite affair. This time, however, APEC became the scene of great diplomatic games and one more match in the growing strategic rivalry between China and US. Indeed, the US decided to use APEC as platform for strategic reengagement into Asia and balancing China’s growing dominance. This game may well be the one with the most significance for the future of the world economy.

  • 24 novembre 2011

    Asie : comment Obama veut contenir la Chine

    À peine une semaine après le G20 à Cannes, dix des vingt dirigeants se sont retrouvés de l’autre côté du monde, à Honolulu, dans le cadre du sommet annuel du Forum économique Asie-Pacifique (APEC), en collaboration avec d'autres dirigeants du Pacifique. Les sommets de l'APEC sont généralement calmes et policés. Cette fois, cependant, l'APEC est devenu le théâtre de grands jeux diplomatiques, marquant une étape supplémentaire dans la rivalité stratégique croissante entre la Chine et les Etats-Unis. En effet, ceux-ci ont décidé de faire de l'APEC une plateforme pour leur réengagement stratégique en Asie, qui vise à faire pièce à la domination croissante de la Chine. Ce jeu pourrait bien être d'une importance capitale pour l'avenir de l'économie mondiale.

  • 6 novembre 2011

    G20 : Sarkozy a marqué des points, la gouvernance mondiale aussi

    Le G20 de Cannes a permis d’avancer sur bien des points, même si les résultats ne sont pas forcément spectaculaires. On revient de loin ! Au départ l’ambiance était morose. Un délégué rappelait que le travail des sherpas mercredi soir s’était trouvé entièrement dominé par l’annonce folle du référendum grec au pire moment possible. Une déléguée non-européenne pouvait ainsi dire : « Nous sommes devenus les spectateurs involontaires de la saga européenne – les Européens devraient se comporter de façon plus responsable et prendre conscience de l’impact immense de leurs actions sur le reste du monde. » Jeudi, on se demandait encore : le G20 a-t-il encore un sens ? Est-il devenu un immense théâtre grec ?

  • 1 novembre 2011

    Pourquoi la Chine va aider l’Europe

    En pleine crise de la zone euro et à la veille du G20 de Cannes, est apparue l’ombre d’un chevalier blanc venu du fond de l’Eurasie : la Chine va-t-elle sauver l’euro et apporter son soutien aux priorités de l’Europe au G20 ?La réponse est paradoxale : oui, la Chine va presque certainement apporter une participation limitée au sauvetage de la zone euro et un minimum de soutien à l’Europe au G20. Mais cette décision complexe et discutée au sein du gouvernement chinois symbolise plus la vulnérabilité de la Chine que sa puissance. Et l’Europe ferait mieux de l’accueillir et de développer sa connivence avec la Chine sur des sujets-clés de gouvernance mondiale, plutôt que d’imaginer un nouveau péril.

  • 16 mars 2011

    L’État japonais face à la catastrophe

    Le tremblement de terre de magnitude 8,9 qui a frappé la région de Tohoku est le plus fort de l’histoire moderne du Japon. Même le célèbre séisme de 1707 n’avait atteint que le niveau 8,6. Celui qui causé la mort de plus de 120 000 personnes à Tokyo en 1923 ne mesurait que 7,9, et celui de 1995 à Kobe 7,3. Par rapport à 1995, la réponse du gouvernement est positive à de nombreux niveaux. Mais le Japon fait face à une crise nucléaire qui le pousse au delà de toute frontière, au-delà de l’extrême. La situation est devenue un test du rôle de l’État dans une situation de risque systémique extrême. Et au soir du sixième jour, cet État surpuissant se cherche toujours.

  • 22 février 2011

    G20 : la Chine acteur pivot

    Le G20 a du mal à s’affirmer comme instance politique capable de résoudre énergiquement les risques systémiques, notamment financiers, et déçoit donc ceux qui en espéraient le plus. En même temps, force est de constater que le G20 ministériel de samedi dernier à Paris a réussi là où Séoul avait échoué : l’élaboration d’indicateurs communs pour le suivi des déséquilibres économiques internationaux, notamment en séparant les composantes du compte courant et en évitant le suivi direct des réserves de change. Cette petite victoire est essentielle. Elle désamorce la tension sino-américaine autour du renminbi et permet d’ouvrir le jeu aux autres sujets essentiels du G20 en 2011 : gestion des risques systémiques financiers et agricoles, revue du système monétaire international, et normes sur les contrôles de capitaux. Cette situation met la Chine en situation de pivot, alors même que les Chinois sont des acteurs totalement nouveaux sur la scène de l’économie mondiale et qu’ils n’appartenaient pas au G8.

  • 17 décembre 2010

    Cancún : six avancées et cinq lacunes

    Le sommet de Cancún qui s'est achevé le 13 décembre a permis de refermer la parenthèse acrimonieuse du sommet de Copenhague de 2009. Mais dans deux ans, le protocole de Kyoto arrivera à échéance. Les accords approuvés à l’unanimité par les 193 pays participants au sommet permettent-ils d’aborder l’avenir avec espoir ?

  • 10 novembre 2010

    Les enjeux politiques du G20

    Le G20 est né d’une idée canadienne lancée en 1999, qui n’avait guère attiré l’attention sur le moment. Il s’agissait de mettre en place un forum de consultations au niveau des ministres des Finances. À l’automne 2008, lorsque le président en exercice de l’UE, Nicolas Sarkozy, a voulu organiser un sommet mondial pour gérer la crise financière, le concept du G20 s’est imposé par défaut. Une discussion franco-canadienne au Sommet de la francophonie à Québec l’a alors remis en selle, et alors que George W. Bush et Nicolas Sarkozy discutaient d’un simple G8 élargi à la Chine, à l’Inde, et au Brésil, il s’est vite avéré que l’exclusion d’autres pays serait mal appréciée. Bush et Sarkozy ont donc choisi de lancer le premier grand sommet des chefs politiques du monde en novembre 2008 sous l’étiquette du G20.

  • 27 septembre 2010

    Chine 1, Japon 0

    Une violente tornade vient de secouer la mer de Chine. Après l’arrivée au pouvoir du Parti démocrate japonais en septembre dernier, la Chine et le Japon s’étaient pourtant engagés dans un processus de rapprochement, redonnant un fort élan à l’intégration asiatique. Le Premier ministre japonais Hatoyama prenait en exemple l’unification européenne, évoquant une union monétaire asiatique d’ici dix ans. Mais il a suffi de poissons, d’un téméraire capitaine de chalutier chinois, de gardes-côtes japonais pointilleux et de quelques îlots inhabités pour mener les deux pays au bord du gouffre.

  • 14 juillet 2010

    Pourquoi le Japon devient-il ingouvernable ?

    En 2009, les élections générales ont mis un terme à presque 55 ans de domination politique par le parti libéral démocrate (PLD). Son challenger, le parti démocrate du Japon (PDJ) promettait alors une nouvelle gouvernance plus transparente et efficace, ainsi qu’un revirement social-démocrate pour faire face à la hausse des inégalités. Sur le plan international, le PDJ militait pour un certain rééquilibrage : une relation plus égale avec les Etats-Unis et de meilleurs rapports avec la Chine et la Corée. Appelant même à une union monétaire asiatique, le premier ministre Hatoyama n’hésitait pas à citer l'Union Européenne comme un exemple pour l’Asie.

  • 3 juin 2008

    Seismic Change in the Middle Kingdom - and why we should take note

    In the wake of the tragic Sichuan earthquake, something big is astir in China. It was not just the earth that shook on this peaceful afternoon of May 12, 2008. Society and political world moved as well. Future historians may well remember this month as a watershed moment. The time has come for us to take note and change course in our understanding of China. This is probably one of the most important tasks in front of us when we map out our future decades. The stakes could not be higher.

  • 3 juin 2008

    Et si nous regardions la Chine autrement ?

    Quelque chose d'important se passe en Chine. La terre n'est pas seule à avoir tremblé le 12 mai 2008 : la société et le monde politique ont bougé. Les historiens futurs pourraient bien voir ce mois comme un tournant. D'ores et déjà il nous faut prendre en considération ces changements dans notre compréhension de la Chine. C'est un défi.