• 17 décembre 2015

    Accord de Paris: juridiquement contraignant... ou pas ?

    A l’issue de la COP21, il est légitime de chercher à évaluer le résultat de ces négociations fleuves et tout ce travail diplomatique. Cela revient à se pencher sur la valeur juridique de l’accord de Paris au sens où on dépasserait, en recourant au droit, les simples intentions générales pour entrer dans une mise en œuvre concrète des mesures décidées. Peut-on parler d’accord juridiquement contraignant ? Cette question n’appelle pas de réponse directe et exige que l’on s’interroge d’abord sur ce que signifie cette notion dans le contexte du droit international.

  • 11 décembre 2015

    Trop de pétrole… ou pas assez? Une lecture de Jean-Marc Jancovici

    Le ralentissement de la croissance est inévitable et uniquement lié à la pénurie d’énergie fossile, explique Jean-Marc Jancovici. C’est discutable. Y a-t-il un lien aussi étroitement mécanique que le dit l’auteur entre le PIB et les ressources énergétiques, a fortiori les ressources fossiles ?

  • 9 décembre 2015

    Cette opportune justice climatique, ou l’Inde ambiguë

    L’Inde a montré, à l’approche de la COP21, une attitude bien moins ouverte que son voisin chinois. Elle a ainsi refusé de chiffrer la baisse de ses émissions. Son ministre de l’Environnement, Prakash Javadekar, admettant d’ailleurs que les priorités de son gouvernement concernaient d’abord l’accès à l’électricité et la réduction de la pauvreté, malgré le fait que 13 des 20 villes les polluées au monde sont localisées en Inde. Cela dit, la volonté de l’Inde de moderniser son industrie et d’accroître son potentiel énergétique a coïncidé avec des objectifs de développement durable, puisque l’Inde a tout de même l’ambition d’installer une capacité de 100GW de solaire d’ici 2022.

  • 20 mai 2015

    Le PowerWall de Tesla présente-t-il vraiment un intérêt?

    Avec la batterie Powerwall de Tesla, présentée fin avril, c’est la première fois qu’une solution de stockage électrique individuelle de masse fait son apparition. Mais cette solution présente-t-elle réellement un intérêt? Une réponse à cette question exige de sérier les problèmes. Est-ce une solution de stockage industriel? Une solution pour «sortir du réseau»? Pour réduire les émissions de CO2? Pour économiser sur les heures de pointe?

  • 18 décembre 2012

    Climat : l’Europe dindon de la farce ?

    Au terme de deux semaines de discussion ponctuées par des séances marathon de négociations de dernière minute et au delà, la Conférence sur le climat de Doha au Qatar a finalement abouti à un accord. Certains y verront le signe que le processus amorcé de depuis Rio en 1992 ou Kyoto en 1997 continue et pourrait mener un jour à une convention internationale bien plus importante. En effet, dans la résolution finalement « adoptée » contre des objections majeures de la part de la Russie et de manière moindre de celle des Etats-Unis figure une continuation du Protocole de Kyoto jusqu’en 2020 et la perspective très vague d’un accord beaucoup plus global entre 2015 et 2020 ainsi que des mesures de compensation également peu précises pour les pays les plus pauvres victimes du changement climatique. Le problème est que les pays qui ont accepté de reprendre les obligations du protocole de Kyoto jusqu’en 2020 sont en majorité des pays européens puisqu’entretemps le Canada, la Russie et le Japon ont décidé de le quitter.

  • 17 décembre 2010

    Cancún : six avancées et cinq lacunes

    Le sommet de Cancún qui s'est achevé le 13 décembre a permis de refermer la parenthèse acrimonieuse du sommet de Copenhague de 2009. Mais dans deux ans, le protocole de Kyoto arrivera à échéance. Les accords approuvés à l’unanimité par les 193 pays participants au sommet permettent-ils d’aborder l’avenir avec espoir ?

  • 4 décembre 2009

    Lutter contre la déforestation : combien ça coûte ?

    À Manaus, Nicolas Sarkozy espérait rallier les pays du Bassin de l’Amazone à un objectif ambitieux de réduction de la déforestation mondiale de moitié d’ici 2020 et d’un arrêt total d’ici 2030. L’absence de la plupart des chefs d’Etat concernés n’a pas donné à cette réunion le retentissement escompté. Mais le président français a souhaité que 20% des 10 milliards de dollars d’aides publiques nouvelles aux pays du sud qu’il propose « en plus chaque année pour les trois années qui viennent » soient consacrés à la forêt. La question est d’importance : la déforestation génère environ 15% des émissions annuelles de gaz à effet de serre.

  • 29 novembre 2009

    Copenhague : le climat semble meilleur...

    Le rythme s’accélère. Après l’adoption du « paquet climat-énergie » européen l’an dernier, après l’annonce par la France il y a quelques jours de la proposition d’un plan mondial pour le climat, les propositions pour les objectifs quantitatifs américains, chinois et brésiliens sont maintenant connues. L’accord apparaît désormais de plus en plus probable, et, même si les surprises sont toujours possibles, on peut dès aujourd’hui tenter d’en analyser la nature, les faiblesses et les forces.

  • 20 novembre 2009

    Climat : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    Le Sommet de Copenhague, en décembre, sera une étape cruciale pour l'avenir du combat contre le changement climatique. Mais on peut déjà présager de son résultat : trop petit, et trop cher. Quels objectifs peut-on alors fixer à la négociation ? Certains éléments modestes à court terme peuvent permettre d’être ambitieux à long terme.

  • 11 novembre 2009

    Le fardeau de l’homme vert

    Les États semblent désormais s’entendre sur le principe d’une action déterminée contre le réchauffement climatique, mais ils restent profondément divisés sur le partage des efforts entre pays avancés et pays en voie de développement. Il est essentiel de réaliser ce partage dans un esprit de justice, aussi bien pour des raisons morales que pour obtenir la participation de tous. Mais les conceptions de la justice sont nombreuses et controversées. Pour progresser dans les négociations sur le climat, il faudra mettre en œuvre une justice non pas idéale, mais acceptable, qui permettra de construire un compromis entre les différentes parties. Sur quelles bases ?

  • 23 octobre 2009

    Que doit-on attendre de Copenhague ?

    La prochaine conférence de Copenhague sera-t-elle un succès ? Tout dépendra de la politique intérieure des États-Unis et de la configuration générale des forces en présence au niveau international, en particulier les problèmes posés par les pays émergents, Chine et Inde. Ces deux facteurs sont d’ailleurs liés.

  • 3 juillet 2009

    Faut-il instaurer une taxe carbone ?

    La taxe carbone consiste à imposer l’usage de combustibles fossiles à la hauteur de leur teneur en carbone pour combattre le changement climatique. Après avoir été abandonnée au début des années 1990, cette idée refait surface en Europe. A-t-elle une chance de voir le jour sous une forme efficace ? Pour répondre à cette question, il faut se demander comment elle pourra s’articuler aux systèmes de permis d’émission qui se développent aujourd’hui. Des systèmes hybrides, permis et taxes, sont théoriquement possibles, mais s’avèrent peu convaincants dans un contexte où certains agents économiques tenteront à toute force de négocier des exemptions.

  • 17 juin 2009

    Y a-t-il un effet du climat sur la croissance ?

    Les décideurs perçoivent aisément les coûts économiques des politiques visant à infléchir les évolutions climatiques, mais il est plus difficile de mesurer ce qu’il en coûterait de ne pas les adopter. Pour instruire ce débat, différentes approches ont tenté jusqu’ici d’évaluer les effets du climat sur la performance économique. Le sujet est extrêmement complexe et pose de réels problèmes de méthode. Mais les résultats d’une étude récente ont permis une percée sur cette question.

  • 16 mars 2009

    Climat : en attendant Copenhague

    La conférence internationale sur le changement climatique se rapproche. Il n’est pas inutile de se demander quels en sont les enjeux majeurs pour l’Europe. Cette conférence qui se tiendra à Copenhague en décembre doit mettre un terme au cycle de négociations entamées à Bali en 2007 et dégager un accord au niveau mondial sur des objectifs de réductions des gaz à effet de serre (GES) pour l’après-Kyoto. Y parviendra-t-elle ?

  • 29 janvier 2008

    Les taxes vertes du président Sarkozy

    À plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité de mettre en place des droits d’importations « verts ». Les taxes vertes sont-elles appropriées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou serviront-elles surtout à améliorer la compétitivité des entreprises françaises ?

  • 3 décembre 2007

    Pari à Bali

    A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 14 décembre, les pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CC-NU-CC) et les pays "parties" au Protocole de Kyoto se rencontreront à Bali, respectivement pour leur treizième et troisième conférence annuelle. Cette conférence sera l'occasion d'un déplacement massif d'officiels, de représentants d'organisations internationales, d'ONG, de chercheurs, d'observateurs envoyés par les plus grandes entreprises mondiales. De multiples sessions permettront de couvrir les aspects organisationnels de la Convention Cadre et du Protocole ; des événements collatéraux (side-events) permettront de faire connaître recherches, propositions, actions d'entreprises. Cela avant que les négociations internationales ne prennent progressivement la place centrale, dans la deuxième semaine de la rencontre.

  • 7 novembre 2007

    Le défi asiatique du développement durable

    La phase actuelle de réchauffement climatique coïncide avec l’émergence économique et industrielle de vastes régions en développement. Il en découle une querelle autour de plusieurs malthusianismes. De la taille des populations en émergence naît une inquiétude dans les économies développées, et avec elle une vision antagonique de l’accès aux ressources. Légitimée par le maintien pour tous d’un environnement global, elle recouvre parfois une conception asymétrique des efforts de chaque nation. Ce sont les émergents qui perturbent le monde. A cette approche répond assez directement la position inverse : la défense d’un ambigu « droit au développement », souvent promue par les plus riches des pays concernés. Le risque majeur, dans un système de négociations articulées sur les relations internationales, est l’oubli de la nécessaire réflexion sur la réinvention du développement.

  • 21 septembre 2007

    NIMBY frappe la France…

    Cet été, alors que se préparait le Grenelle de l’environnement, le débat sur le développement de l’énergie éolienne s’est enflammé. Dans le cadre des engagements internationaux pour la réduction des émissions et des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables, le plan de Programmation pluriannuelle des investissements électriques prévoit l’installation de 12,5 GWe de puissance éolienne en 2010, soit environ 6 000 éoliennes de taille moyenne. C’est une révolution à prévoir dans les paysages, et même si les objectifs ne seront pas tenus à temps, elle est en cours et soulève déjà une opposition forte. Le syndrome NIMBY (Not In My BackYard – pas dans mon jardin) frappe donc en France pour l’énergie éolienne, alors qu’il a – cas unique en Europe – finalement épargné le nucléaire.

  • 17 septembre 2007

    Faut-il pénaliser les importations « sales » ?

    Le commerce contribue au réchauffement de la planète, cela ne fait aucun doute. Mais c’est aussi l’une des clés d’une action visant à interrompre ce réchauffement. Un des principaux obstacles à l’adoption d’une législation sur le climat par les Etats-Unis tient à leur souci de compétitivité, sur la base de ce raisonnement : pourquoi les entreprises américaines devraient-elles réduire leurs émissions de carbone si leurs concurrentes chinoises, indiennes et brésiliennes peuvent continuer à émettre sans contrainte, même dans le cadre du Protocole de Kyoto ? On entend la même chose en Europe, avec cette fois les Etats-Unis dans le rôle de l’accusé principal. Comment résoudre ce problème d'action collective ?

  • 5 septembre 2007

    GDF-Suez : Un problème chasse l’autre

    S’il fallait une preuve nouvelle de l’exception industrielle française, on la trouverait dans le dénouement provisoire de l’affaire GDF-Suez. La négociation a été menée personnellement par le Président de la république qui tel un PDG lançant une OPA amicale a traité avec le PDG de la proie, M. Mestrallet, et négocié directement avec les actionnaires de contrôle de Suez.