Ukraine: les «nuances» et les calculs de Poutine edit

Le revirement de position opéré par l’administration Trump dans la guerre en Ukraine, son tropisme pro-Kremlin et son manque de professionnalisme ne peuvent qu’encourager le régime russe à adopter une attitude dilatoire dans les négociations sur un cessez-le-feu, et ceci d’autant plus que la guerre est devenue l’un de ses rouages essentiels.
L’entretien téléphonique, très attendu, entre les Présidents Poutine et Trump a eu lieu le 18 mars. Les termes utilisés à Moscou (« détaillé et franc ») pour rendre compte de la discussion sur l’Ukraine laissent penser qu’elle a été difficile[1]. Alors que l’on sait le Président Trump pressé d’obtenir la fin des combats afin de pouvoir revêtir l’habit du « faiseur de paix », le communiqué du Kremlin, plus précis que celui diffusé par la Maison blanche, souligne la « disposition du Président russe à élaborer soigneusement avec les partenaires américains les voies possibles d’un règlement, qui doit revêtir un caractère complexe, stable et à long terme ». « Bien entendu, rappelle Moscou, la nécessité incontestable d’éliminer les causes premières du conflit et les intérêts légitimes de sécurité de la Russie doivent être pris en compte ». La Maison Blanche n’évoque pas l’accord du Président Zelensky à un cessez-le-feu global de 30 jours, susceptible d’être prolongé, tel qu’il a été proposé par Donald Trump. Elle affirme que « les dirigeants sont d’accord pour considérer que le mouvement vers la paix doit débuter par un cessez-le-feu sur l’énergie et les infrastructures et par des négociations techniques sur la mise en œuvre d’un cessez-le-feu en mer Noire ». La trêve de 30 jours est subordonnée par le Kremlin à des conditions difficilement acceptables par Kiev et ses alliés, à savoir notamment « la nécessité de mettre un terme à la mobilisation obligatoire et au réarmement de l’Ukraine ». De plus, alors que le Président Trump affirme ne pas avoir évoqué la question de l’aide, le communiqué russe présente « l’arrêt de l’assistance militaire étrangère et de la fourniture à Kiev de renseignements » comme « une condition clé pour prévenir l’escalade du conflit » et pour aller vers un règlement diplomatique. La seule ouverture concrète du Président Poutine consiste à proposer de « s’abstenir mutuellement de frapper les infrastructures énergétiques des parties en conflit pendant 30 jours » (le Kremlin ne mentionne pas les autres infrastructures). S’agissant des mesures visant à assurer la sécurité de la navigation sur la mer Noire, « il a été convenu d’entamer des pourparlers pour élaborer les modalités concrètes d’un tel accord ».
Le Kremlin confirme la volonté russo-américaine d’écarter l’Ukraine et les Européens des négociations à venir : « les dirigeants des deux pays ont fait part de leur intention de poursuivre leurs efforts pour parvenir à un règlement du conflit ukrainien dans ce format bilatéral, en prenant notamment en considération les propositions du Président Trump. À cette fin, des groupes d’experts russes et américains vont être mis sur pied ». Les deux chefs d’État ont également « évoqué d’autres questions de l’agenda international, y compris la situation au Proche-Orient et dans la région de la mer Rouge », rapporte le communiqué russe, qui cite « l’établissement d’une coopération en matière de non-prolifération nucléaire et de sécurité globale ». Pour sa part, Washington affirme que « les deux dirigeants sont d’avis que l’Iran ne devrait jamais être en position de pouvoir détruire Israël ». Le Kremlin ne manque pas de rappeler le « vote solidaire à l’ONU », trois ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, de la résolution 2774 qui s’abstient de mentionner cette agression et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, texte approuvé néanmoins par les États-Unis, à la différence de leurs alliés, une première depuis des décennies au Conseil de sécurité. Le compte-rendu publié par le Kremlin se plait à souligner « l’intérêt réciproque à une normalisation des relations bilatérales à la lumière de la responsabilité particulière de la Russie et des États-Unis pour garantir la sécurité et la stabilité dans le monde ». La Maison blanche n’emploie pas le terme de « normalisation », mais relève que Donald Trump et Vladimir Poutine ont « marqué le besoin d’une amélioration des relations bilatérales ». Dans le « vaste spectre » de coopération évoqué, Moscou retient l’économie et l’énergie, tandis que Washington fait miroiter des « contrats économiques considérables » après le retour de la paix[2]. Quelques jours auparavant, le 13 mars, recevant son homologue biélorusse, Vladimir Poutine avait assorti de plusieurs conditions son accord à un cessez-le-feu de 30 jours, car il pose des « questions sérieuses », d’où des « nuances » dans sa réponse, que l’on retrouve dans le communiqué du 18 mars. En demandant « qui va ordonner à l’armée ukrainienne de cesser les combats et que valent ces instructions », il a de nouveau mis en doute la légitimité du Président Zelensky. Son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov a souligné qu’« un cessez-le-feu de 30 jours ne nous apporte rien », alors qu’il donne aux Ukrainiens la possibilité de « regrouper leurs forces » et de « continuer comme avant ». L’appareil diplomatique russe relaie cette argumentation. Dans un long entretien publié le 17 mars, Alexandr Grouchko, vice-ministre des Affaires étrangères, explique que, pour parvenir à un règlement durable du conflit en Ukraine et pour renforcer la sécurité régionale, la Russie « exigera des garanties de sécurité en béton », ce qui implique notamment « un statut de neutralité de l’Ukraine et le refus des pays de l’OTAN de l’accueillir au sein de l’Alliance ». « Le maintien de la paix et l’OTAN sont deux choses incompatibles », peu importe la bannière sous laquelle des troupes de pays de l’Alliance atlantique seraient déployées (UE, OTAN, contingents nationaux), affirme Alexandr Grouchko, qui se fait menaçant vis-à-vis de ces contingents qui seraient alors « parties au conflit ». Au demeurant, tous ces débats sur le déploiement d’une force de paix sont, d’après le diplomate russe, prématurés (« une tentative de mettre la charrue avant les bœufs »), en effet « l’accompagnement international » ne sera abordé qu’une fois le règlement élaboré, si tant est que les parties en viennent à le juger nécessaire. Cet « accompagnement » pourrait, selon lui, prendre la forme « d’observateurs non armés et d’une mission civile ». En réalité, d’après le responsable du MID, ce sont les garanties de sécurité données à la Russie (non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, non déploiement de forces étrangères sur son sol) qui, « en éliminant l’une des causes premières du conflit les plus importantes », assureront la protection de l’Ukraine[3].
Les analyses des experts proches du Kremlin permettent de préciser sa position dans les négociations en vue d’un cessez-le-feu et d’un règlement politique. D’après Dmitri Souslov, la priorité sera d’obtenir l’arrêt des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine, la Russie pourra faire valoir que le maintien de cette assistance non seulement ne conduira pas à la paix, mais créera les conditions d’une reprise du conflit sur un mode encore plus violent. Une autre priorité de la diplomatie russe sera, selon lui, la mise au point avec les États-Unis d’un « document-cadre » sur les principes d’un règlement définitif, qui doit inclure un statut de neutralité pour l’Ukraine, des règles très strictes limitant la coopération militaire avec l’OTAN, l’interdiction de la fourniture d’armes et du déploiement de troupes occidentales sur le sol ukrainien, ainsi que des modifications de la législation ukrainienne concernant le statut de la langue et de l’église orthodoxe russes, l’interdiction de « l’héroïsation de Stepan Bandera », la « dissolution et l’interdiction des formations armées et des organisations nationalistes », la suppression des sanctions en vigueur contre la Russie et le règlement de la « question territoriale ». Dmitri Souslov reprend ainsi nombre des conditions énoncées par les dirigeants russes et par Vladimir Poutine lui-même dans son intervention devant le collège du MID le 14 juin 2024[4]. Les modalités d’application de ces dispositions pourront être discutées plus tard, mais l’Ukraine doit dès à présent donner son accord de principe et accepter un calendrier de mise en œuvre. Des divergences subsistent entre Moscou et Washington, observe Dmitri Souslov, l’objectif du Président des États-Unis est de parvenir rapidement à un cessez-le-feu pour passer à autre chose, « scénario naturellement inacceptable pour la Russie », qui entend que soient définis les principes d’un règlement et que l’arrêt définitif des livraisons d’armes occidentales soit acté[5]. Pour justifier leur procrastination dans la négociation d’une trêve, les responsables russes mettent aussi en avant l’expérience peu concluante des accords de Minsk (2014-15) et la nécessité de traiter cette fois les « causes premières » du conflit.
Sur un plan tactique, le Kremlin a intérêt à poursuivre les hostilités, l’armée russe, en voie de résorber la poche de Koursk, gagne du terrain en Ukraine, mais est loin de contrôler l’intégralité des quatre régions annexées en 2022. En dépit des sanctions occidentales, d’une inflation élevée et de perspectives de croissance incertaines, le passage à une économie de guerre assure à court terme à la Russie une supériorité militaire, l’UE étant incapable, dans certains domaines (systèmes anti-aériens, renseignements), de compenser dans l’immédiat un arrêt de l’assistance américaine. En cherchant à subordonner un accord politique à un embargo sur la livraison d’armes à Kiev, il s’agit toujours pour Moscou de mettre l’Ukraine à sa merci, à terme cet objectif pourrait toutefois être contrarié par le réarmement décidé par l’UE, qui peut mobiliser un potentiel économique et technologique bien supérieur à celui de la Russie. Toujours soupçonneux de l’influence de « l’État profond » dans les rouages du pouvoir à Washington, les dirigeants russes redoutent que la fenêtre d’opportunité ouverte par Donald Trump se referme rapidement en raison des échéances électorales aux États-Unis, à l’issue de son mandat, voire dans moins de deux ans, si le parti Républicain perd la majorité au Congrès (« mid-term elections »). Moscou peut aujourd’hui exploiter le clivage net apparu au sein du camp occidental sur l’Ukraine entre les États-Unis désormais désireux de se désengager au plus vite du conflit et des Européens eux-mêmes divisés sur l’attitude à adopter à l’égard de la Russie et de l’Ukraine. En outre, cette guerre fournit à Moscou son principal levier dans des négociations sur la redéfinition de l’architecture de sécurité européenne, qui constitue, de longue date, l’un de ses principaux objectifs. La stratégie contre-productive de Donald Trump consistant à octroyer à la Russie, avant même le début des négociations, des concessions unilatérales (non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, absence de garanties de sécurité américaines à un accord…) et à concentrer les pressions sur l’Ukraine (humiliation publique du Président Zelensky…) ne peut qu’encourager Vladimir Poutine dans son intransigeance. De même que le Kremlin se félicite du démantèlement par l’administration républicaine de l’agence USAID et de Radio Free Europe/Radio Liberty, qu’il considère comme des vecteurs de déstabilisation.
L’engagement durable du Président Trump dans la recherche d’une solution négociée en Ukraine étant sujet à caution, son homologue russe peut espérer avoir les mains libres si, en l’absence de gains tangibles, le Président des États-Unis en vient à se désintéresser du dossier. Pour Vladimir Poutine, l’essentiel est de ne pas antagoniser un Président imprévisible qui pourrait réagir par de nouvelles sanctions contre la Russie, par une baisse concertée du prix des hydrocarbures ou par des livraisons d’armes à l’Ukraine si Donald Trump venait à conclure que c’est Moscou qui fait obstacle à ses efforts de paix. Un coup d’arrêt au rapprochement avec Washington compromettrait également le partenariat russo-américain sur les affaires du monde que Moscou, nostalgique de l’époque de Yalta, espère renouer. Bien conscient du peu d’intérêt qu’accorde D. Trump à la guerre en Ukraine et aussi de son tropisme pour les questions économiques et commerciales, V. Poutine tente d’entraîner son homologue dans une discussion sur un partenariat global et dans des projets communs. Dans son intervention devant le patronat russe (РСПП), le jour même de sa conversation téléphonique avec son homologue américain, le Président Poutine a indiqué avoir demandé à son gouvernement d’élaborer des procédures pour permettre le retour des sociétés occidentales qui se sont retirées du marché russe depuis 2022. Le choix d’une personnalité comme Steve Witkoff, partenaire de golf de Donald Trump, sans expérience diplomatique, déjà en charge du Proche-Orient, pour conduire les pourparlers face à des négociateurs russes très expérimentés est de nature à faciliter la tâche de la partie russe. « Je pense que le plus grand problème dans ce conflit ce sont ces quatre régions, le Donbass, la Crimée… (pause), vous connaissez les noms, Lougansk et il y en a deux autres. Elles sont russophones, il y a eu des référendums, lors desquels la majorité écrasante de la population a déclaré vouloir se placer sous l’autorité de la Russie », explique Steve Witkoff, qui non seulement confesse sa méconnaissance du dossier, mais endosse la vision russe[6]. Quant à la présence dans l’équipe de négociation de Kirill Dmitriev, président du Fonds russe d’investissements directs, diplômé des universités de Harvard et de Stanford, elle doit mettre en confiance ses interlocuteurs américains.
Le conflit en Ukraine revêt aussi pour la Russie une dimension de politique intérieure essentielle pour un régime qui instrumentalise les communautés russophones de l’étranger, qui brouille les frontières entre guerre et paix et tente d’éliminer ses opposants comme Alexeï Navalny avec des armes de guerre (novitchok). L’agression de l’Ukraine a été l’occasion pour le Kremlin de criminaliser ceux qui se refusent à employer le terme « opération militaire spéciale » et, plus généralement, de tenter d’éradiquer l’opposition démocratique, la liste des « agents de l’étranger » s’allongeant chaque semaine. L’ancien dissident soviétique Alexandr Skobov, 67 ans, vient d’être condamné à 16 ans de prison pour avoir manifesté son opposition à la guerre en Ukraine. Depuis le 24 février 2022, la « guerre hybride » menée contre les pays européens s’est intensifiée. Pour pallier l’absence de tout projet d’avenir, le régime de Vladimir Poutine a exploité le thème de la Russie « forteresse assiégée » en butte aux menaces occidentales. La guerre en Ukraine est présentée comme la suite de « la grande guerre patriotique » (1941-45), thème dominant de l’idéologie poutinienne. « Il ne faut pas se faire d’illusions, tant que Poutine est au Kremlin, la guerre ne s’achèvera pas, affirmait, en 2023, le sociologue Grigori Ioudine. Elle ne fera que s’étendre. La taille de l’armée russe s’accroit rapidement, l’économie russe, l’éducation devient un instrument de propagande et de préparation au combat. Ils préparent le pays à une guerre longue et difficile »[7]. Si la fin du conflit de haute intensité en Ukraine peut cependant être envisagée, difficile en revanche d’imaginer que le régime russe n’ait plus recours à la « figure de l’ennemi » extérieur, bien ancrée dans la mentalité russe, pour se légitimer et se perpétuer. Le rapprochement avec les États-Unis, s’il prend forme, exigera de la part du Kremlin un réaménagement de son discours, axé jusqu’à présent sur la dénonciation de l’hégémonie américaine et du néocolonialisme, réactivé en 2022 pour rallier à sa cause les pays du Sud[8]. La proximité idéologique entre Washington et Moscou, illustrée par le discours du vice-Président J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich (défense des « valeurs traditionnelles », caractère formel des démocraties européennes), constitue à n’en pas douter un élément nouveau, en particulier par rapport à la « grande alliance » entre démocraties et dictature de la seconde guerre mondiale.
La guerre en Ukraine a aussi pour effet de modifier les équilibres de pouvoir en Russie. Le passage à l’économie de guerre a encore accru le poids du complexe militaro-industriel au détriment des secteurs civils et des dépenses sociales et éducatives. Le retrait de nombreuses sociétés occidentales du marché russe après le 24 février 2022 a donné une nouvelle impulsion à la politique de « substitution aux importations » engagée en 2014 après les premières sanctions occidentales. Il s’est aussi traduit par un nouveau « partage de la propriété » (« передел собственности »), les affidés du régime se voyant souvent attribuer les actifs de ces entreprises. En 2024, au moins 67 entreprises étrangères auraient été nationalisées, estimées à plus de 5 Milliards $. Les « libéraux systémiques » (« Syslib ») n’ont pas disparu des centres du pouvoir – Elvira Nabioullina, la présidente de la Banque centrale, a un rôle essentiel dans la stabilisation du rouble – mais l’influence des représentants des structures de force (Siloviki) s’est incontestablement accrue depuis trois ans. Responsable en 2022 du 5ème département du FSB qui avait livré au Kremlin des informations donnant à penser que l’armée russe pourrait conquérir Kiev en quelques jours, le général Beseda, après une disgrâce, vient d’être intégré dans la délégation russe pour négocier avec les États-Unis. Le refus de la mobilisation par crainte de susciter de vives réactions au sein de la population a conduit les autorités russes à offrir des soldes très importantes pour combattre sur le front ukrainien, opportunité saisie par des habitants des régions périphériques, qui bénéficient ainsi d’un pouvoir d’achat inédit, mais payé au prix fort. Les statistiques officielles russes de 2024 mettent en évidence une surmortalité de 130.000 personnes, particulièrement dans 5 régions (Altaï, Ingouchie, république des Touva…). Pour les soldats qui reviennent du front - certains sont des condamnés de droit commun - se pose la question de la réadaptation à la vie civile et des conclusions qu’ils tirent de leur expérience guerrière (pacifisme ? nationalisme ?) dont le précédent de la guerre en Afghanistan (1979-89) montre toute l’importance. Avec le programme intitulé « le temps des héros », qui contribue aussi à la militarisation de la société, l’administration présidentielle s’efforce de promouvoir à des postes de responsabilités les anciens combattants de la guerre en Ukraine.
Calculé par l’IISS en parité de pouvoir d’achat, le budget militaire de la Russie (461 milliards $), en hausse de 40% par rapport à l’année précédente, a dépassé en 2024 l’effort consenti par l’ensemble des pays européens en matière de défense (457 milliards $). Plus de 40% du budget fédéral et 6% du PIB de la Russie sont désormais consacrés à des dépenses de défense et de sécurité, un niveau très supérieur à celui des pays européens. Dernièrement, plusieurs services de renseignement européens ont alerté sur le fait que la Russie, après avoir reconstitué ses forces, sera en mesure dans quelques années de livrer une guerre de grande intensité. Selon des sources concordantes, Vladimir Poutine a averti le patronat russe qu’il ne fallait pas s’attendre à un accord de paix dans un avenir proche. Il aurait également indiqué être prêt à renoncer à la conquête de la ville d’Odessa et à d’autres régions ukrainiennes à condition que Kiev reconnaisse rapidement la souveraineté de la Russie sur la Crimée et sur les quatre oblasts annexés en 2022, hypothèse irréaliste, mais qui témoigne de sa détermination à poursuivre la guerre[9].
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[1] « Telephone conversation with President of the United States Donald Trump », en.kremlin.ru, 18 mars 2025 ; « President Donald J. Trump’s Call with President Vladimir Putin », usembassy.gov, 18 mars 2025
[2] Le Belfer Center s’est livré à une analyse comparative des deux textes : « Readouts of Trump-Putin Call Reaffirm Divergence of US, RF Views on Path to Peace », russiamatters.org, 20 mars 2025.
[3] Alexandr Grouchko, « Le conflit s’approche du moment où l’Occident va subir une défaite stratégique » (en russe), iz.ru, 17 mars 2025.
[4] Voir « Ukraine : les conditions de la paix », Telos, 1 octobre 2024.
[5] Dmitri Souslov, « Comment la Russie va répondre aux propositions américaines de cessez-le-feu et quelles sont les perspectives du conflit en Ukraine » (en russe), lenta.ru 14 mars 2025.
[6] « It Would Help if Our Guy Negotiating with Putin Knew Anything About Ukraine », nationalreview.com, 23 mars 2025.
[7]« ‘Russia ends nowhere’, they say. Sociologist Grigory Yudin discusses a year of war and what comes next », meduza.io, 25 février 2023.
[8] Sur ce point, « Briser la colonne vertébrale de l’Europe », Telos, 4 mars 2025.
[9] « ‘This whole machine won’t be reversed so easily’. Before his call with Trump, Putin privately told business leaders not to expect a quick peace deal », meduza.io, 21 mars 2025.