Les relais Paris-Moscou edit

Dans un ouvrage paru en 2024, Nicolas Lebourg , chercheur au CNRS, et Olivier Schmitt, professeur à l’Université du Sud-Danemark, retracent l’histoire des liens entretenus par l’extrême droite française avec l’URSS puis la Russie aujourd’hui. En s’appuyant notamment sur certaines archives policières, ce livre revient sur un siècle de relations tumultueuses animées par de nombreux récits d’espionnages plus ou moins véridiques qui ont scandé cette histoire particulière.
Une histoire ancienne
De très nombreux livres ont été consacrés à ces questions sulfureuses et aux relations ambigües au pouvoir russe, nourrissant un imaginaire d’espionnage à sensation[1]. Pendant un siècle en France les agents d’influences pro-russes ou d’obédience extrême-droite, plutôt minoritaires, recrutèrent dans une sphère confinée (députés, journalistes, professeurs, hauts-fonctionnaires, chef d’entreprises…)[2]. Selon les besoins du moment ou l’évolution des relations internationales, ces réseaux difficiles à évaluer, relevant d’une nébuleuse complexe, ont pu favoriser les positions du Kremlin. Mais comment mesurer les convergences réelles entre courants nationalistes français et russe ?
Les six premiers chapitres sont consacrés aux réseaux russes blancs, unis par une haine du communisme et des sentiments pro-allemands. Cette émigration hétérogène a constitué une base active mais minoritaire de l’antisoviétisme en Europe. Les 80 000 émigrés blancs de Russie, apatrides, représentaient 2% des étrangers en France dans l’entre-deux guerres[3]. Après la révolution de 1917, Paris comme Berlin devinrent des places de choix pour une partie de l’émigration russe blanche qui, dans l’espoir de retourner en Russie, se rallia à l’extrême-droite européenne en vue de combattre le bolchévisme. La thèse centrale de l’ouvrage est de montrer comment ces réseaux multiformes et opaques ont su s’appuyer sur de fortes connivences avec l’extrême-droite française. Mais cette seule notion d’extrême-droite pourrait déjà sembler critiquable dans le contexte des années 1930 marquées déjà par de grandes confusions idéologiques alors que l’émergence du fascisme en Europe se comprenait essentiellement dans ce rejet du bolchévisme[4]. L’Union générale des combattants russes fondée à Paris tout comme le mouvement des solidaristes russes de Narodno Trudovoï Soyouz (NTS) seront les principaux acteurs et victimes de cette histoire. À la fois sous surveillance policière mais aussi infiltrée par les agents soviétiques, cette émigration russe déploie une forte activité politico-médiatique avec près d’une quarantaine de titres de journaux publiés à Paris. La fin de la seconde guerre mondiale estompe tout espoir de restauration d’une monarchie en Russie où une minorité d’émigrés géorgiens et russes (84 personnes) furent accusés de collaboration avec le régime de Vichy.
Cette émigration apparaît alors faible et fragmentée, sans poids véritable sur les opinions publiques françaises clivées par les questions du communisme au début de la guerre froide dont l’affaire Kravchenko, la guerre de Corée, Budapest, Cuba, le Mouvement de la paix… Nicolas Lebourg et Olivier Schmitt passent rapidement sur ces faits, pour se concentrer sur l’extrême-droite ; l’ouvrage analyse peu les interactions à l’extrême-gauche, qui auraient mérité une meilleure prise en compte pour appréhender l’étendue des réseaux pro-soviétiques. Par exemple dès novembre 1944, Staline fixa à Maurice Thorez réfugié à Moscou, une seule ligne de conduite politique possible, celle de devoir abandonner la prise du pouvoir en France, pour déstabiliser de Gaulle. La désinformation devient un enjeu essentiel de la guerre froide, et concernant finalement tout autant les réseaux communistes que ceux de l’émigration russe en France en prises avec l’extrême-droite. Le livre fait l’économie de cette réflexion si l’on considère que le Kremlin, consolidant une nébuleuse de l’extrême-droite à l’extrême gauche, réussit à fédérer une sorte d’écosystème informationnel parmi tous ces extrêmes. Il recrute dans des élites qui vont bien au-delà de l’extrême-droite. Les soviétiques vont par exemple recruter leurs agents d’influence dans le journalisme puis contribuer à financer certains journaux, comme Francs-Tireurs ou le premier Libération proche d’une ligne pro-soviétique favorable à l’URSS qui bénéficie alors d’une image de vainqueur et de l’appui d’un parti communiste puissant en France.
La période contemporaine
L’apport le plus intéressant de ce livre est de montrer dans son dernier tiers l’héritage de tous ces réseaux russophiles (recensés dans un index de 10 pages) autour du rôle de l’extrême-droite dans la France contemporaine. Ces réseaux peuvent s’appréhendent au-delà des seuls clivages traditionnels gauche-droite, notamment autour d’une ligne souverainiste, mais aussi de la fascination pour les modèles autoritaires et la Russie de Poutine. De LFI à l’extrême gauche jusqu’à une partie des Républicains et au-delà du RN à l’extrême-droite, se dessine ainsi un paysage pro-russe autour d’un certain nombre de personnalités actives. Très mouvant, ce paysage recouvre au sein des élites françaises un tout petit réseau d’énarques, eux-mêmes déjà engagés dans le passé dans divers groupuscules d’extrême-droite appuyant la Russie (parmi lesquels Yvan Blot, Jacques Cheminade, François Asselineau, Paul-Marie Couteaux, ou autour du député Nicolas Dupont-Aignan comme de Philippe de Villiers, ancien ministre). Les échanges se font à haut niveau comme lors déjà des sanctions sur la Crimée, où Philippe de Villiers fut reçu en 2014 par Poutine avec l’idée de développer des parcs d’attractions patrimoniaux ou complexes hôteliers en Russie sur le modèle russifié du Puy-du Fou.
À l’extrême-droite, Alexandre Douguine, l’idéologue du nationalisme poutinien, fut accueilli en France par la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist lors de conférences sur la place centrale de la Russie en Eurasie. Le chapitre 7, « Alexandre Douguine, prophète et stigmate », lui est entièrement dédié, comme ses théories sur l’Eurasie nourrirent la propagande russe pour justifier l’annexion de la Crimée. Alain Soral, antisémite notoire, préfacera son livre en 2009 sur l’Eurasisme, voie nouvelle entre le fascisme et le communisme. Bien avant la rencontre médiatisée de Marine Le Pen avec Poutine en mars 2017 au Kremlin, Jean-Marie le Pen s’affiche en Russie lui dès 1996 avec les ultra-nationalistes russes, tel Sergueï Babourine prônant une « Europe des Nations de Brest à Vladivostok ». Ce dernier aujourd’hui vice-président de la Douma a été proche du serbe Radovan Karadzic condamné à perpétuité pour son nettoyage ethnique en Bosnie. En 2011 le FN décida de faire de la Russie son partenaire stratégique et privilégié. Eric Zemmour, complaisant avec le régime russe, pouvait lui-aussi déclarer dans un entretien de 2018 « rêver d’un Poutine français , assurant par ailleurs que l’Ukraine n’existe pas.
L’extrême-droite occupe donc une place de choix dans ces grilles de lectures de l’ouvrage. Ces lignes semblent néanmoins assez poreuses, opérant aujourd’hui des convergences aux extrêmes face à l’attractivité du modèle poutinien autoritaire et du modèle trumpien illibéral, tous deux pourfendeurs des valeurs de la démocratie. Pourtant jusqu’ici l’anti-américanisme avait plutôt servi de socle commun à ces extrêmes et contribué à leur ralliement aux positions russes. Dès la guerre d’Irak, cet antiaméricanisme contribue à expliquer le soutien manifeste de Jean-Pierre Chevènement puis Jean-Luc Mélenchon à la politique russe. Tous deux ont relayé activement le discours russe de dénonciation de l’OTAN et des américains, jugés principaux responsables de la situation comme aujourd’hui en Ukraine. Mélenchon va jusqu’à voter en 2015 contre une résolution au Parlement européen condamnant l’assassinat de Boris Nemtsov ou qualifiant encore Alexis Navalny de « raciste et antisémite » afin de dédouaner Poutine. À Moscou en novembre 2017, Chevènement décoré de l’ordre de l’Amitié pour « ses efforts de paix et d’amitié entre les peuples, son attitude sincère et cordiale envers la Russie » sera remercié par Poutine.
Nombre de ces acteurs se retrouveront alignés sur les dossiers syrien comme ukrainien en faveur de Moscou. Ces postures ont pu évoluer à la fois selon les fonctions des uns et des autres, mais aussi selon les conjonctures et il aurait été utile de les voir reprises sous cet angle d’une convergence d’intérêts entre ces extrêmes en France. Les stratégies vont au-delà des questions de l’extrême-droite et peuvent s’avérer aussi monnayables. L’association « Dialogue franco-russe » créée en 2004 sous les auspices du groupe Total et forum d’affaires en France, co-présidée par le député RN Thierry Mariani (présent au côté de Poutine lors des fêtes d’annexion de la Crimée) et l’ancien député de la Douma Serguey Katasonov, intervenait comme groupe de lobbying auprès des entreprises. Un ancien Premier ministre, François Fillon accepte de se voir offrir après son mandat (à l’instar de l’ex-Chancelier Schroeder en Allemagne) des postes de choix dans les conseils d’administration de sociétés russes de gaz et de pétrole (auxquels, comme Schröder, il dut renoncer après la guerre en Ukraine).
Autres réseaux d’influence
En se recentrant sur la question du politique et de l’extrême-droite, le livre minorise des aspects plus visibles tels les échanges culturels et intellectuels nombreux du temps de l’URSS comme de la Russie aujourd’hui. L’adresse de Poutine aux réseaux français russophiles semble relever d’un ultime effort pour s’assurer encore d’un pré carré face à un monde anglophone dominant. D’autres réseaux débordent ce monde politique stricto-sensu.
Ainsi le monde du spectacle « dépolitisé », mis en scène dans les médias russes lors de ses rencontres avec Poutine, est instrumentalisé selon les besoins de la Russie grâce à Mireille Mathieu ou encore Gérard Depardieu à qui l’on attribua la nationalité russe. D’autres réseaux importants sont ceux du monde religieux au centre de toutes les attentions du pouvoir russe depuis plus de vingt ans, confortant aussi des filiations avec l’extrême-droite. Le patriarche Kiril, successeur d’Alexis II (et comme lui probable membre du FSB), appelait dès 2022 à la guerre Sainte pour reconquérir l’Ukraine. En Russie l’orthodoxie est devenu un ciment idéologique fondamental, permettant aux communautés russes de par le monde de s’unir[5]. En France, les églises moscovites accueillent nombres de conférenciers ou universitaires, favorables à la politique de la Russie. La construction de la cathédrale orthodoxe russe de la Sainte Trinité, à Paris, irrigua les réseaux religieux pro-kremlin pour renforcer une diplomatie d’ingérence en France. À Nice, la cathédrale russe Saint-Nicolas, autre lieu traditionnel de l’émigration russe en France rattachée à Constantinople depuis 1930 et monument le plus visité à Nice, fut récupérée en 2011 par la Fédération Russe pour mieux contrôler les réseaux russes de la Côte d’Azur. Le monde académique slavisant en France, clivé sur le conflit Russie/Ukraine, fait l’objet aussi d’attention. L’économiste Jacques Sapir, membre de l’Académie des Sciences de Russie et soutien actif de la politique russe, s’est rendu à Moscou pour donner des conférences alors que les institutions françaises de tutelle récusent ce type de voyage, puisque tous les liens universitaires comme scientifiques ont été gelés avec la Russie au profit du seul programme Pause chargé d’accueillir des chercheurs russes, biélorusses et ukrainiens persécutés.
La France a pourtant bénéficié dans le passé de l’héritage d’une russophilie active grâce à l’enseignement du russe aujourd’hui en recul et l’appui d’anciens réseaux culturels communistes français quasi disparus. Mais la question d’un État russe fort et restauré continue à fasciner une grande partie des anciens soviétologues français mais aussi une fange intellectuelle souverainiste de droite comme de gauche. Encore en pleine guerre de Tchétchénie, Hélène Carrère d’Encausse, spécialiste de la Russie et secrétaire perpétuelle de l’Académie françaisen accueillait Poutine en février 2003 avec tous les honneurs à l’Académie, le qualifiant « d’héritier de Pierre le Grand pour avoir su ainsi restaurer un vrai Etat ». D’autres à gauche, de Michel Onfray à Emmanuel Todd, créditent la responsabilité avant tout des Etats-Unis, facteur de désordres dans la guerre actuelle en Ukraine. Son récent livre La défaite de l’Occident agrége des données approximatives sur la Russie, sans véritable enquête en Ukraine pour conforter ces thèses[6]. À droite, Luc Ferry philosophe et ancien ministre, se désolait dans Le Figaro, « qu’on puisse se réinventer un ennemi », dédouanant Poutine pour critiquer l’Europe engagée dans son soutien à l’Ukraine. Ces intellectuels médiatiques ont sans doute pu avoir depuis 2014 des influences notables auprès de députés ou milieux politiques susceptibles d’influer les décisions économiques de boycott de la Russie.
En conclusion d’autres réseaux sont esquissés montrant comment les médias aujourd’hui font évoluer les formes anciennes de la propagande russe d’antan. Depuis la première élection de Donald Trump face à Hillary Clinton, les médias ont été des vecteurs essentiels d’un nouvelle influence russe dans le monde. En France, la télévision pro-russe Russia Today avait été le pivot de cette offensive. Cette chaîne satellitaire de médias en ligne et d’info en continu, alignée sur toutes les positions du gouvernement russe, avait été lancée à Moscou dès 2005 pour s’efforcer de gagner un public étranger et contrer dans un cadre international les médias étrangers. Le député RN Thierry Mariani fut membre de son comité d’éthique. Russia Today s’inscrit dans la mouvance de l’extrême-droite française avec ProRussia.tv disparue[7]. Interdite dans toute l’UE après l’invasion de l’Ukraine, RT continue à diffuser en huit langues et dote la Russie d’une sorte de CNN, aux consonnances curieusement anglaises pour revendiquer 100 millions de spectateurs dans une cinquantaine de pays. Alternant programmes politiques et distractifs, RT s’impose comme un contre-pouvoir aux chaînes de TV internationales à un moment où Trump applaudi par la Chine démantèle toutes son réseau public de radios d’opposition à la Russie et aux dictatures (Voice of America, Radio Free Europe et Free Asia…). Liée à des groupes pro-russes sulfureux comme à l’extrême-droite ou aux sphères complotistes, ces réseaux peuvent s’appuyer aujourd’hui sur les réseaux du groupe média multinational du milliardaire Vincent Bolloré, devenus efficaces en France invitant des personnalités françaises néo-populistes opposées à la « décadence occidentale comme au totalitarisme musulman ». À la différence de l’URSS d’antan, la Russie sait parfaitement aujourd’hui utiliser les médias et les réseau web dans toutes ses campagnes, relayées par ses agents d’influence. Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie a bloqué très vite les plateformes de médias sociaux internationaux (Facebook , Instagram) renforçant son contôle sur tous les acteurs numériques locaux (VKontakt comme Yandex). L’infiltration des réseaux numériques et leurs piratages est devenue une priorité essentielle et efficace des services russes aux contours invisibles, passés maître en cyberstratégie pour imposer une nouvelle ligne de partage entre faits et mensonges. Sur ces bases, au-delà des seuls réseaux d’extrême-droite présentés dans le livre, la désinformation méthode héritée d’antan devient un véritable enjeu des nouvelles batailles numériques[8].
Au prisme des réseaux d’extrême-droite en France, le livre éclaire dans sa conclusion l’impact de ce nouveau soft power illibéral, finalement peu attractif en Europe mais bénéficiant de forts courants de sympathie auprès de certaines élites politico-économiques en France. Après le dernier revirement des Etats-Unis de Trump en faveur de la Russie de Poutine, un sondage récent indiquait tout de même que 73% des Français jugent la politique guerrière de Poutine comme une réelle menace pour la France. Si l’Europe et ses valeurs démocratiques restent toujours une cible majeure pour la propagande russe, l’ascension d’une droite extrême et pro-russe en France risquerait de changer en profondeur ces donnes, confortant de nouvelles alliances avec un régime autoritaire et répressif. Cette extrême-droite composite est soutenue aujourd’hui non plus seulement par Poutine mais aussi par Trump, tous deux empressés à imposer des lignes populistes et identitaires en Europe pour déstabiliser les démocraties européennes et bafouer l’Etat de droit. Paris-Moscou : un siècle d’extrême droite donne écho rétrospectivement aux propos d’Hanna Arendt sur le totalitarisme, lorsque « Le sujet idéal de la domination totalitaire n’est ni le nazi convaincu ni le communiste convaincu, mais celui pour qui les distinctions entre fait et fiction ( c’est-à-dire la réalité de l’expérience) et entre vrai et faux (c’est-à-dire les normes de la pensée) n’existent plus. »
Nicolas Lebourg et Oliviers Schmitt, Paris-Moscou : un siècle d’extrême-droite, Paris, éditions du Seuil, 2024, 262 p
Vous avez apprécié cet article ?
Soutenez Telos en faisant un don
(et bénéficiez d'une réduction d'impôts de 66%)
[1] L’ouvrage le plus retentissant avant-guerre et réédité depuis fut celui de Walter Krivitsky, ,J’étais un agent de Staline (réédition Nouveau Monde, 2015). Samuel Ginsberg (1899-1941) dit Walter Krivitsky, officier du renseignement militaire soviétique, devint le premier grand transfuge de l’histoire quand il se réfugia en 1937 en France puis aux Etats-Unis où il fut assassiné.
[2] Plus récemment, dans un livre documenté mais très controversé, objet d’un procès de Cécile Vaissié, Les Réseaux du Kremlin en France, Paris, Les Petits Matins, 2016. Voir encore Nicolas Hénin, La France russe :enquête sur les réseaux Poutine, Fayard, 2016.
[3] Voir à ce sujet Catherine Gousseff, L’Exil russe (1920-1939) : la fabrique de l’apatride, CNRS éditions, 2008, et Nikita Struve, Soixante-dix ans d’émigration russe en France (1919-1989), , Fayard, 2018.
[4] Cf. Serge Bernstein, La France des années 30, Paris, Armand Colin, 1988, p 82-101 ; Fred Kupferman, Au pays des Soviets. Le voyage français en Union Soviétique, 1917-1939, Gallimard, 1979 ; Rachel Mazuy, Croire plutôt que Voir, Voyages en Union Soviétique, 1919-1939, Odile Jacob, 2002.
[5] Cf. Kristian Feigelson, « La russophonie et les diasporas, enjeu géopolitique », Telos 22 avril 2024.
[6] Cf . Anna Colin Lebedev, « Emmanuel Todd lu par Anna Colin Lebedev : ce scientifique qui se documente sur Wikipedia », Le Nouvel Obs, 31 janvier 2024.
[7] Cf. Maxime Audinet, Russia Today (RT), un média d’influence au service de l’Etat Russe » Bry/Marne, INA, 2021.
[8] Françoise Daucé, Benjamin Loveluck, Francesca Musiani, Genèse d’un autoritarisme numérique : répression et résistanne sur Internet en Russie, 2012-2022, Presse des Mines, 2023.